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Vincent Bessières, Jazzman, avril 2009, n°156
Robert Latxague, Jazz Magazine, avril 2009, n°602
Jazzman, avril 2009, n°156
Vincent Bessières
La participation d'Eric Seva à l'ONJ Franck Tortiller aura permis au saxophoniste de revenir dans le champ de la jazzosphère et de relancer un projet sous son nom. Que ces "Espaces croisés" qui font suite aux "Folklores imaginaires" du précédent album paraissent sur un label nommé le Chant du Monde va bien à ce musicien qui voit le jazz comme un espace de synthèse où se superposent des couleurs et des rythmes empruntés à bien des traditions. De croisements et d'espaces il est donc question dans ce disque, dans ses rêves lointains et son sens du voyage, dans ses mariages inattendus et ses territoires couverts, un goût de l'image et de la mélodie qui recherchent le tournis d'une valse, le charme d'une ritournelle ou le frisson d'un tango. L'alliance des saxophones d'Eric Séva à l'accordéon de Lionel Suarez (l'un des plus talentueux disciples de Richard Galliano) rattache la sonorité générale du groupe à une mémoire musicale populaire. Ces "Espaces croisés" sont une jolie manière de convoquer des musiques d'antan et d'ailleurs sans verser ni dans l'exotisme, ni la nostalgie. On y entre facilement. Vincent Bessières
Nous remercions Jazzman pour son aimable autorisation. Toute reproduction à partir de ce site, autre qu'à usage strictement personnel, est interdite sans accord préalable avec la revue.
Jazz Magazine, avril 2009, n°602
Robert Latxague
D'une sonorité à l'autre, du grave à l'aigu, du baryton jusqu'au sopranino. Eric Séva manie ses différents saxes avec la même dextérité au plus près des nuances de sa palette musicale. Instrumentiste - sa griffe au saxophone soprano notamment porte empreinte d'une collaboration new-yorkaise avec Dave Liebman - ou compositeur, il s'engage tout entier de la puissance lâchée ou apaisement. On croise ainsi dans ces "Espaces Croisés" des traces de tangos (Pont des Arts) aussi bien que de funk (Transit). Jazz et, en périphérie du jazz, les accents ne s'en trouvent que plus toniques. La singularité provient également de l'instrumentation avec une priorité donnée aux claviers, piano, orgue et accordéon s'affranchissant d'une basse. La surface harmonique s'en trouve renforcée d'autant, le propos musical y prend de l'épaisseur. Plus une certaine charge de groove portée notamment par le cajon qui confirme avec le bandonéon le cap au sud (Les roots d'Alicante). On pourrait craindre une certaine dispersion de par la multiplication des intentions. Au contraire : la précision, la finesse des arrangements confèrent au contenu densité et cohérence. Éric Séva a préféré attendre quatre années entre son premier disque et cet enregistrement. La maturation lente a visiblement porté ses fruits. Robert Latxague
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Eric SévaEspaces croisés avec : Pierre-François "titi" Dufour, William Lecomte, Éric Séva, Lionel Suarez Le chant du monde - 2009 - ref : 274 1732